Le GR 20 à l’horizon

GR 20, le sentier de la traversée de la Corse

GR 20, nous y sommes presque

Après le Grand Raid de l’Ultra-Marin les 2, 3 et 4 juillet, c’est désormais vers la Corse que nous regardons. Lundi 2 août prochain, nous foulerons la montagne Corse pour les premiers pas du GR 20 qui devrons nous mener à Conca, 12 jours plus tard.

Pour l’instant, nous restons prudents et à l’écoute des douleurs que l’Ultra-Marin a laissé à nos chevilles. Ainsi, nous n’avons mis fin au repos complet entamé dès la fin de la course le 4 juillet, que par quelques sorties douces et courtes en VTT et à pied.

En parallèle, moi en tout cas (le tendinite d’Ali lui ayant permis de récupérer plus vite que ma periostite), je poursuis les massages, étirements et séances de Compex sur la zone endolorie. Pierre Gabory notre kiné, également responsable des questions de nutrition au sein de notre équipe de préparation au lac, m’a cependant donné le feu vert pour le départ.

Nous avons rassemblé le matériel nécessaire dans nos sacs, et nous nous familiarisons avec les étapes que nous avons envisagé.

Le contenu de nos sacs

Nous réaliserons le parcours en rando, et je ne devrais pas porter plus 14 kilos, 11 pour Ali, y compris les 2,5 L d’eau que nous pourrons avoir dans le sac. Nos sacs s’allègeront au fur et à mesure de la consommation des barres énergétiques et des compotes que nous emportons au départ.

Nos étapes

Sur nous et dans le sac

Grand raid de l’Ultra-Marin

La veille du départ, lors du retrait des dossards

Ultra-Marin, nous y sommes

Nous sommes lundi 5 juillet, le jour est levé depuis peu et je trouve le silence environnant propice à raconter ce week-end passé, sur le grand raid de l’Ultra-Marin. Dans la pièce voisine, Aliénor dort encore.

Je me sens groggy !

Pas comme un lendemain de fêtes, plutôt après un évènement hors du temps, au cours duquel les émotions nombreuses n’ont cessé d’apparaitre dans toute leur intensité. Et ce n’est pas terminé. Je me sens reposé, mais particulièrement vulnérable. Comme si cette aventure partagée avec celle que j’aime durant presque quarante heures, avait mis à nu toute mon humanité. Il m’a fallu un moment pour rejoindre le canapé depuis la chambre. Ce matin comme hier après-midi, c’est ma cheville enflée et douloureuse qui donne le tempo.

L’envie de faire le tour complet du Golfe du Morbihan à l’occasion de l’Ultra-Marin remonte à 2019. Nous avions déjà participé à deux autres distances de cette course et Alie trouvait que fêter ses 30 ans avec la plus longue des épreuves était une bonne idée, que j’ai immédiatement partagée. Avec notre projet de traversée du lac Baïkal en autonomie en février 2023, l’Ultra-Marin s’est naturellement imposé comme une première étape sur notre parcours de préparation. Une formidable occasion de nous tester physiquement, et mentalement.
Je raconte notre préparation dans un article précédent ici.

Un peu avant le départ, je propose à quelques ami(e)s de les ajouter à un groupe whatsapp pour partager, si nous le pouvons, quelques photos et vidéos durant la course. D’abord composé d’une poignée de copains, le groupe grossit pour atteindre près de 90 personnes au moment du départ.
La majorité des vidéos partagées sur ce groupe se trouvent à présent sur notre page YouTube ici.

C’est parti

Vendredi à 18 heures, quand nous rejoignons la zone de départ sur le port de Vannes, nous sommes prêts, sereins. Notre objectif est de terminer la course ensemble, rien d’autre.

Quand nous nous élançons, nous avons le sourire sous le ciel bleu. Comme prévu et discuté avec Nicolas Cerisier, notre coach, nous courons les premières heures sur une base de 8 minutes de course, et 2 minutes de marche. Une alternance testée durant nos entrainements, qui nous convient bien, et qui permet de retarder le moment ou courir devient impossible. Le plus difficile est alors de ne pas courir trop vite. Quand on s’est préparé pour un 180 kilomètres, les 50 premières bornes sont plutôt faciles. Le danger de se laisser emporter par son enthousiasme guette. Partir trop vite, c’est limiter ses chances de passer la ligne.

Passage à Conleau

Nous profitons du paysage, croisons Karine venue nous encourager, restons concentrés sur nos allures avant d’allumer nos frontales vers 22h45. Nous avons de bonnes sensations jusqu’à ce qu’Aliénor commence à ressentir des douleurs à l’estomac.

Premières douleurs

Avant le départ, nous avions beaucoup échangé sur la manière dont nous aborderions les problèmes qui sans conteste, allaient survenir. Nous l’avions fait ensemble, et avec notre ami Simon Allaz, notre préparateur mental. Nous avons défini notamment un barème de ressentis, allant de 1 à 10. Il est censé représenter le mélange de nos sensations physiques et psychologiques. Et nous avions convenu de clairement dire les choses, tout de suite et sans détour. Le meilleur moyen de terminer ensemble, était bien de tout partager et de pouvoir nous soutenir si besoin, d’une manière appropriée.

Penboc’h

Aliénor alternait alors entre 6 et 7. Je voyais son visage crispé. Entre Arradon et Larmor Baden dans la nuit noire, elle s’est allongée sur une pelouse sur le ventre. Elle est restée ainsi quelques minutes, et la douleur s’est atténuée. Au ravitaillement un peu plus loin, elle a complètement retrouvé son sourire rayonnant. Nous avons passé une bonne dizaine de minutes à boire et manger, à plaisanter avec les bénévoles, puis sommes repartis comme neufs.

Dans la nuit à plusieurs reprises, je tape mes chaussures dans des cailloux ou des racines. A chaque fois, je déchire le silence d’un cri pas toujours contenu. En raison du terrain accidenté, nous favorisons la marche, et ne courrons que quand le sol est totalement dégagé. Nous avons prévu d’attendre le ravitaillement à Crac’h, au km 68 pour notre première étape de repos. Au regard des prévisions météo, la pluie ne va pas tarder à se montrer.  Si c’est le cas, adieu la période de repos que nous attendons. Pas question de nous allonger sur une pelouse s’il flotte. Nous décidons alors de nous arrêter au prochain ravitaillement, au Bono, mais encore distant de quelques kilomètres.

Au ravitaillement, les brulures d’estomac d’Alie sont totalement passées

Et peu après la pluie se met à tomber. Pas un gentil crachin breton non, une vraie bonne averse, froide. Nous accélérons pour rejoindre le ravitaillement au plus vite, et une demi-heure plus tard environ, nous entrons dans le bourg. Nous passons une sorte d’abri à bateau avec un banc sur lequel est assis une concurrente en train de se changer. On s’installe près d’elle, puis finissons par nous allonger sur le banc où nous espérons profiter d’un peu de sommeil. La planche est étroite et je me dis qu’un simple éternuement pourrait nous faire mordre la poussière. Elle est par ailleurs un peu courte et mes jambes sont exposées à la pluie.

Où nous recréons le radeau de la méduse

Alors au bout d’une dizaine de minutes, on se remet en route pour apercevoir assez vite les tentes du ravitaillement. De loin, on dirait un abri, de sans-abris. C’est un peu ça la réalité. Des concurrents assis dans le froid et le vent sous une bâche les protégeant de la pluie, certains enroulés dans des couvertures de survie marquant leur abandon. Le lieu sent la déprime, un peu la résignation aussi, et notre déception d’apprendre qu’il n’y a plus de soupe chaude est grande. Le plat que nous espérions tant, l’énergie pour repartir sous la pluie, adieu. Alors on avale une petite portion de pâtes et nous buvons un thé chaud. Dans la tente des secours, plusieurs concurrents ayant abandonnés sont allongés. Nous reprenons le sentier des douaniers enroulés de la couverture de survie obligatoire qui est dans notre sac. L’effet est immédiat, et c’est au chaud que nous affrontons à nouveau la pluie glaciale qui nous gifle le visage.

Le sol est détrempé, on court à allure très réduite ou nous marchons pour éviter de voler. Par moment, on rejoint ou sommes rejoint par un autre concurrent. On parle quelques minutes puis nos allures nous séparent. Il y en a certains que nous verrons plus ou moins régulièrement durant les 20 dernières heures.

Nous passons le magnifique port de St-Goustan sans y croiser personne, poursuivons notre progression dans une nuit noire intense simplement éclairée du faisceau de nos lampes.

La tendinite à la cheville montre ses premiers signes

Le visage d’Alie se ferme un peu dans la matinée. Une douleur au bas de sa jambe droite devient de plus en plus présente. Elle m’en parle, nous en parlons, et j’évoque à mon tour mes orteils sensibles. Nous n’avons sinon mal nulle part. Nous nous alimentons régulièrement, mais si je peux encore consommer la majorité des barres que nous avons choisi et testé lors des entrainements, les tolérances d’Ali en la matière sont plus limitées.

Le jour se lève et c’est un véritable réconfort. A Crac’h, nous faisons une bonne pause et Aliénor parvient à s’endormir quelques minutes sur un banc, pas moi.

Au ravitaillement de Crac’h

Nous repartons revigorés et notre plaisir passager est renforcé par les paysages du bord du golfe puis plus loin, par la vue sur l’océan. Il y a du vent, mais aussi un soleil bienvenu quand nous atteignons à Locmariaquer, le ponton pour la traversée de l’entrée du Golfe.

Locmariaquer

A cet endroit, l’océan se jette dans le Golfe avec un courant, nommé la jument, qui est le second le plus puissant d’Europe. On enfile les gilets de sauvetage et nous nous installons dans le zodiac avec une dizaine d’autres participants au trail. Aliénor est assise derrière le poste de pilotage et moi à l’avant. Quand je tourne la tête, c’est elle qui est aux commandes et je la vois sourire en suivant les recommandations du skipper. C’est surnaturel. Comme je suis crevé et que je vois les choses avec beaucoup moins d’objectivité que d’habitude, je me demande un instant si elle ne va pas ensuite faire un saut en élastique avant de partir en hélico. Je ris tout seul et dans le bruit du moteur et du vent, personne ne le remarque !

Alie aux commandes du zodiac

Une fois sur le quai nous retirons nos chaussures et nos chaussettes pour la première fois depuis le départ. Mes orteils sont un peu marqués par les coups dans les pierres et les racines et une ampoule commence à s’installer. Nous reprenons notre rythme d’alternance entre la course et la marche au feeling cette fois.

On se pose, mais ne parvenons pas à dormir

Au gros ravitaillement d’Arzon, au kilomètre 87, nous retrouvons Marion et Martin. Arzon est l’un des deux points de la course où l’aide extérieure est autorisée. Et nous ne pouvons accueillir qu’une personne par coureur. C’est là aussi que nous récupérons le sac déposé avant le départ, et dans lequel se trouve des vêtements de rechange, de quoi nous laver et un peu de nourriture. A l’entrée du stade, Ali et moi passons nos jambes et nos pieds sous un jet d’eau froide revigorante. Puis, nous mangeons un peu avant de nous installer par terre pour dormir, la tête sur le sac de rechange. Nous parvenons à nous détendre, mais pas à dormir. Par contre nous nous changeons, et le temps passé avec nos amis recharge un peu les batteries. Dans le gymnase bruyant, les coureurs mangent, se changent, se font soigner par les médecins et infirmiers présents sur place. Je laisse un long message à notre groupe sur Whatsapp et les réponses et les encouragements, comme à chaque fois depuis le départ, sont nombreuses et nous font un bien fou.

Marion et Martin venus nous soutenir à Sarzeau

Quand nous repartons une heure plus tard, nous sommes surtout vigilants aux barrières horaires intermédiaires. En dépasser une c’est être mis hors course. Ainsi, les possibilités de nous reposer ne sont plus très nombreuses et nous devons compter le temps que nous nous accordons à chaque ravitaillement. Plus loin, nous faisons un bref arrêt pour donner à Aliénor un peu de répit. Sa cheville est de plus en plus douloureuse.

La cheville d’Alie la fait souffrir de plus en plus

Tenir les barrières horaires

Et puis la nuit tombe. Nous cheminons parfois seuls, parfois en petit groupe. Pour être passé plusieurs fois par-là, nous savons le paysage magnifique mais n’en distinguons rien. Nous gardons le faisceau de la lampe dirigé vers le sol devant nos pieds.

Alors à Sarzeau où nous arrivons un peu avant 21 heures, on regarde la montre. Il fait encore bien jour. J’avale des riz au lait et des compotes de pommes avec des palets bretons et j’en remplis mes poches. Nous discutons avec les bénévoles et d’autres concurrents puis nous reprenons le sentier, appuyés plus fortement encore sur nos bâtons. Emeric, un concurrent que nous croisons à plusieurs reprises depuis plusieurs heures se joint à nous pour être moins seul. Un peu avant que la nuit ne tombe, nous retrouvons mon frère Stéphane et sa femme Lydia. Stéphane a déjà deux grands raids à son actif et quelques heures plus tôt, il terminait brillamment le 100 km.  Passer quelques minutes avec eux nous fait du bien, et ils nous rejoignent une fois encore un peu plus loin.

Au ravitaillement de Sarzeau

A l’approche du village du Hezo, nous sommes une douzaine à longer le Golfe en file indienne et à un bon rythme. La douleur d’Aliénor a pris de l’ampleur. Elle grimace. Lydia, ma belle-sœur qui avec mon frère habite tout près viennent nous encourager. Plus tôt cet après-midi, mon frère terminait le 100 kilomètres en 14h18.

Avec mon frère Stéphane et Lydia ma belle-soeur, venus nous encourager sur le parcours

Alie serre les dents et fini par avaler un antalgique. Le prochain ravitaillement nous apparait particulièrement loin. Dès notre arrivée, Aliénor file à la tente médicale et se fait poser un strap par une jeune kiné. Pendant ce temps, je me nourris assis dans l’herbe sous la pluie qui se remet à tomber en fine gouttes. Nous décidons de nous accorder un peu de sommeil, et nous allongeons 30 minutes sur des lits de camp. Nous nous endormons une quelques secondes et nous sentons bien mieux quand le réveil sonne. Nous repartons remontés et marchons quelques temps à meilleure allure.

A Noyalo, nous rattrapons un autre couple, puis plusieurs autres coureurs. Nous progressons ensemble un bon moment, alternant les passages en sous-bois et les zones habitées. Sur le bitume, la route est souvent très droite et nous nous endormons. Je totalise à peine 40 minutes de sommeil depuis le départ et Alie à peine plus. A deux reprises, un gars de notre groupe me rentre dedans. Il peine à marcher droit. Nous sommes à fleur de peau, et personne ne parle. Nous avançons dans la nuit en silence. Seul résonne le bruit des bâtons sur le bitume. Les douleurs d’Aliénor au bas de sa jambe ont repris de l’ampleur, et j’ai la même douleur depuis quelques heures à l’autre jambe.

Nous attendons avec impatience le gros ravitaillement de Séné, au km 147. Nous prenons à trois un peu d’avance sur le reste du groupe. A deux kilomètres du gymnase, une énorme averse se met à tomber. Elle est froide, désagréable et nous serrons les dents. Quand nous passons la porte du gymnase, nous sommes gelés, épuisés, et impatients de pouvoir dormir un peu. Il est à peine plus de 6 heures du mat et nous devons avoir quitté les lieux avant 7 heures pour rester dans la course. Par ailleurs, malgré le repos dont nous avons désespérément besoin, rester trop voudrait dire ne plus avoir le droit de ralentir jusqu’à l’arrivée.

Moment difficile au ravitaillement de Séné

Il reste 30 kilomètres, et nous devons passer la ligne avant 13 heures. On retire nos vêtements trempés, on s’enroule dans une couverture de survie puis, avoir mangé un peu, nous nous allongeons sur un tapis de sport, mettons le réveil et nous endormons immédiatement. Quand il sonne, je me sens hagard, perdu, défoncé, déprimé. Ma cheville me fait beaucoup souffrir. Aliénor prend le dessus. Sa cheville n’est guère mieux, mais c’est elle qui mène et me guide. On se rhabille, on replie nos flasques et nous sortons du gymnase peu avant 7 heures.

Le jour se lève tout juste et je reprends le dessus. Alie à son tour se laisse porter. Je donne le rythme, gardant un œil sur la montre pour ne pas passer sur les 4 kilomètres à l’heure. Je tiens à ce que nous fassions monter notre moyenne pour la suite, pour les moments où trop fatigués, nous ralentirons le rythme. On passe à 4,4km/h et tenons l’allure un bon moment.

La douleur à nos pieds s’intensifie encore. Nous sommes plus loin rattrapés par les serre-fils, deux dames qui ferment le parcours derrière nous. Le parcours est beau. Nous marchons par endroit sur la plage et nous arrêtons parfois quelques instants sur un banc pour soulager nos chevilles.

Alie serre plus que jamais les dents, et éclate parfois en sanglots lors des encouragements d’un concurrent de la marche nordique qui nous double à vive allure. Nous passons le ravitaillement de Séné Barrarac’h, le dernier avant l’arrivée à un peu plus de 12 kilomètres de l’arrivée. J’avance en tête et fais mon possible pour ne pas me focaliser sur ma cheville douloureuse et enflée.

S’arrêter…

Nous marchons encore quelques centaines de mètres puis nous nous arrêtons. Nous nous regardons et cela suffit à conforter notre besoin d’en finir ici. La douleur à nos chevilles est trop forte. Continuer n’a pas de sens. Nous nous asseyons sur un banc, je me relâche, et mon pied me fait soudainement bien plus mal encore. C’est donc bien là qu’on s’arrête. Je me sens sonné, groggy.

J’appelle mon frère, je ne retiens pas mes larmes et lui non plus. Un véhicule est envoyé à notre rencontre et nous devons parcourir une centaine de mètres jusqu’au lieu du rendez-vous. Je me sens vidé, triste, mais soulagé. Nous ne parlons pas vraiment jusqu’à l’arrêt de bus où nous nous installons pour attendre.

Je tente d’envoyer un message à notre groupe en ligne, n’y parviens pas. Puis le van arrive et il me faut de gros efforts pour monter et m’assoir. Aliénor s’installe, met sa ceinture, pose sa tête sur le dossier et s’endort dans l’instant. Nos accompagnants parlent, plaisantent mais j’ai la tête ailleurs. J’envoie un message, je raconte notre abandon et une vingtaine de minutes plus tard, le véhicule nous dépose au niveau de la tente médicale.

Nous nous allongeons sur des lits de camps et répondons aux questions des infirmiers. J’ai un mal fou à retirer ma chaussette tellement ma cheville est enflée, j’hésite à demander des ciseaux. Près de moi, le pied d’Alie ressemble au mien. Le médecin vient nous voir. Il demande à ce qu’on couvre nos chevilles d’une poche de glace. Une tendinite du releveur du pied – ou tendinopathie du tibial antérieur – voilà ce que nous avons. Une inflammation du tendon qui permet au pied de se lever et de se baisser.

Alors voilà, notre course s’est arrêté km 164, à une douzaine de kilomètres de l’arrivée. Après la déception des premières heures, nous avons désormais la conviction d’avoir rempli notre objectif : nous confronter aux difficultés d’un Ultra-Trail pour tester notre physique, notre mental, et notre capacité à fonctionner à deux dans la perspective du lac Baïkal où nous serons seuls, dans des conditions extrêmes un mois durant.

Fier d’Alie, fier de nous

Comme je l’ai écrit ailleurs, plus que jamais, je suis fier d’Aliénor. Elle est toujours plus incroyable et s’est battu pour ne pas lâcher, malgré le mal intense qu’elle a commencé à ressentir dès le samedi matin. Je suis fier d’avoir couru et marché à ses côtés durant ces presque quarante heures comme je suis fier et chanceux qu’elle partage ma vie.

Je suis fier aussi de l’équipe que nous formons. Elle renforce ma croyance que la différence (dans notre cas nos 24 années d’écart) est une force à partir du moment où nous considérons et acceptons l’autre pour ce qu’il est, avant de le considérer et de l’accepter pour ce qu’il fait.

Elle renforce enfin mon absolue conviction du pouvoir considérable de notre vulnérabilité. En l’acceptant tout du long sans réserve, nous n’avons cessé de communiquer sur nos ressentis. Ainsi, nous avons été capable de prendre en compte à tour de rôle, les difficultés de l’autre. Prendre soin de l’autre et accepter pleinement sa vulnérabilité, c’est nourrir notre humanité mais aussi, servir l’équipe et l’objectif commun.

Savoir nous arrêter si près du but n’a fait que conforter pleinement ce sentiment.

À Sarzeau – Photo Marion Mahé

A l’antenne sur RCF Centre

Dans les studios de RCF Loiret

A l’antenne avec Wahid Selmi sur RCF Loiret

Il y a quelques jours, Wahid Selmi, journaliste et animateur sur RCF Loiret à Orléans, nous invitait à l’antenne pour une interview. Durant une petite trentaine de minutes, en répondant à ses questions, nous avons eu l’occasion d’évoquer notre expédition sur le lac et les étapes qui la précède.

L’enregistrement, dans l’émission Sport Attitude est désormais disponible. Merci Wahid !
Pour l’écouter, il suffit de cliquez ici 👈

Ultra-Marin, 179 km, notre prépa

A l’entraînement dans les collines de Sancerre

Un ultra-trail pour travailler notre mental

Notre traversée du lac Baïkal est encore loin. Pour patienter, mais aussi afin de nous préparer au mieux à cette aventure, nous avons marqué le calendrier de plusieurs étapes conséquentes. Chacune d’elles est une sorte de mini laboratoire expérimental. Nous testons, nous découvrons, nous adaptons, nous renforçons, nous modifions le cas échéant et en tout cas nous apprenons et progressons.

La première est l’Ultra-Marin, le tour complet à pied, du golfe du Morbihan en Bretagne. Ainsi, le vendredi 2 juillet prochain à 19 heures, nous nous élancerons du port de Vannes que nous devrons rejoindre avant dimanche 4 juillet à 13 heures, au terme d’un tour sur les sentiers du bord du golfe de 179 kilomètres.

Le parcours de l’Ultra-Marin

Si l’entraînement au trail fait partie de nos habitudes depuis des années, nous avons bien sûr adopté une préparation spécifique en vue de cet objectif. Avec Nicolas Cerisier d’Autour du Trail, Pierre Gabory de Je cours et Simon Allaz de Kairos, nous nous sommes entourés de spécialistes pour la préparation physique, nutrition et mentale. A eux s’ajoutent Patrice Boistard et nos copains de Checy Running 45.

Préparation physique

Ainsi chaque semaine depuis plus de deux mois, nous enchaînons des séances réparties assez régulièrement de la manière suivante :
. Une séance de renforcement musculaire pouvant être divisée en séances plus courtes réparties au long de la semaine.
. Une séance de yoga Lyengar en ligne d’1h30
. Une séance de VMA (la vitesse à laquelle on atteint sa consommation maximale d’oxygène) d’1h30 (avec des allures allant de 4 min. à 4 min. 35) pouvant être par exemple :

– Echauffement de 30 minutes à allure douce
– 5 x 1 min. à 95% de VMA (quasiment la vitesse la plus rapide possible) avec 40 secondes de récupération entre chaque.
– Une minute de récupération
– 7 x 40 s. à 100% de VMA avec 20′ de récupération entre chaque
– Une minute de récupération
– 11 x 20 s. à 105% de VMA avec 20′ de récupération entre chaque
– Retour au calme en footing jusqu’à la fin de la séance.


. Une séance de footing d’une heure (à une allure très lente, environ 8 minutes / km)
. Une séance de gainage
. Une séance de randonnée ou de VTT de 2 à 6 heures
. Une séance de course ou d’alternance course et marche de 2 à 6 heures.

Au total, nous consacrons 10 à 18 heures par semaine à la préparation physique.

A aucun moment de la préparation spécifique pour le Grand raid de l’Ultra-Marin, nous ne dépassons les 80 kilomètres de course à pied / randonnée hebdomadaire.

Une semaine d’entraînement

Et le reste du temps, pour une bonne partie, on bosse bien sûr, avec l’énorme avantage de le faire depuis la maison. Ainsi, nous disposons l’un et l’autre d’une grande liberté dans la manière dont nous organisons notre planning.

Préparation mentale

Cela nous permet de consacrer 1h30 à 3 heures par mois à la préparation mentale avec Simon Allaz. Il s’agit là pour nous deux, d’une expérience assez forte. Etant coach moi-même, j’apprécie de me laisser porter, de me laisser guider par la bienveillance et le professionnalisme de Simon. Avec lui, je trouve les origines de mon attirance pour le sport, l’aventure et les expéditions. Je renforce ma motivation et lui donne plus de sens encore. Pour la prochaine séance, Simon nous accueillera cette fois tous les deux. Ainsi, Aliénor et moi pourrons développer notre envie d’accomplir ensemble et sans doute mettre le doigt sur la manière de faire face aux moments difficiles qui nous attendent, et qui ne surviendront probablement pas au même moment pour nous deux.

Préparation nutrition

La réussite de notre objectif est aussi liée à la manière dont nous allons nous alimenter et nous hydrater. Une grosse proportion des abandons sur les ultra-trails y trouve là son origine. Quand il faut manger et boire régulièrement durant près de 40 heures, mieux vaut avoir prévu quoi ingurgiter et anticiper la manière dont nos organismes peuvent ou non les supporter. Alors nous testons, testons, et testons encore.

A chaque sortie, une nouvelle barre, une nouvelle compote, une nouvelle purée, un nouveau gel. Les marques ne manquent pas d’imagination. Aliénor comme moi, nous affinons nos choix.

Sur l’ultra-marin, nous aurons 13 ravitaillements avec au moins de l’eau, et pour les plus fournis d’entre eux, également d’autres boissons et du chocolat, des compotes, des fruits et fruits secs, des purées, du riz au lait, des soupes, du saucisson, du fromage, des pâtes… Mieux vaut donc avoir une idée de ce que nous envisageons de consommer et pourquoi.

Et puis pour ces dernières semaines avant le départ, nous sommes plus que jamais attentifs à notre alimentation quotidienne. Beaucoup de légumineuses, de légumes, des oeufs, du poisson, des fruits, des fruits secs, et des graines et des noix. Nous laissons de côté les produits transformés bien sûr, mais aussi ceux à base de farine blanche, comme les produits trop gras ou trop sucrés.

Petit déjeuner en début d’année à la maison

Du repos

Le repos est un élément incontournable de la préparation. Pour encaisser les sorties et l’épreuve qui nous attend, mieux vaut être en grande forme. Impossible de faire rimer la forme avec l’activité sportive et elle seule. L’un comme l’autre, nous sommes toujours très à l’écoute de ce que nos corps nous envoient comme signaux, et nous en tenons compte pour adapter cette préparation. Chaque jour après le déjeuner ou presque, nous faisons une sieste de 20 à 30 minutes max.

Nous nous couchons tôt, et faisons en sorte que nos nuits soient d’au moins 8 heures. Après les entraînements, nous alternons dans la douche eau chaude et eau froide, quand nous n’allons pas tout simplement nous plonger dans la Loire. L’eau froide accélère la récupération et fait un bien fou aux muscles endoloris et au corps tout entier.

Et enfin

Enfin, nous préparons nos pieds. M’être récemment cogné un orteil et avoir été contraint de suspendre l’entraînement trois jours durant, n’a été qu’une confirmation de l’importance d’en prendre soin. Ainsi, nous avons commencé l’application d’une crème qui renforce la peau et limitera l’apparition des ampoules. Et nous courons tous les deux en ce moment avec une nouvelle paire de chaussures, plus grande (1 pointure et demie au dessus) et plus confortable, qui remplacera à partir de la moitié de course, celle que nous aurons depuis le départ.

A la fin du mois, nous vous partagerons le lien sur LiveTrail qui vous permettra de nous suivre en direct sur la carte durant la totalité de la course. Et sur notre page FB si vous le souhaitez, vous pourrez même nous laisser des messages. Ils seront tous les bienvenus, même et peut-être surtout si vous êtes noctambule et que vous nous écrivez au milieu de nos deux nuits blanches !

Alors à bientôt !?
Renaud

Avec Alban Michon au 20h de TF1


Notre préparation à Tignes au Journal de TF1

La première étape de préparation avec Alban Michon à Tignes le lac a été filmé et diffusé sur TF1 lors du Journal de 20 heures le 29 mars dernier.

Ce reportage avait pour objet d’illustrer l’accompagnement d’Alban dans le cadre de son Ecole des explorateurs.

Les trois jours passés sur place sont racontés dans l’article précédent sur cette page. Le Replay du reportage quant à lui est disponible en accès direct en cliquant Ici.

Photos © Pascal Marcellin

A Tignes avec Alban Michon


Premiers tests du matériel en conditions

Récemment, nous étions avec notre copain Alban Michon à Tignes le lac. C’est là qu’Alban a monté son école des explorateurs.

Trois jours durant, nous avons bénéficié de ses connaissances et de son expérience du froid et de la glace. Un moyen de continuer à obtenir des réponses à tous les « Et si… » auxquels nous pourrons être confrontés sur le lac Baïkal où nous évoluerons sans assistance près d’un mois durant.

Le premier jour, Aliénor l’a accompagné sous l’objectif de la caméra de Pascal Marcellin lors d’une plongée sous la glace. Durant une vingtaine de minutes, elle a découvert les premières lueurs d’un monde fascinant jusque là inconnu puisqu’il s’agissait de surcroit, de sa toute première plongée. Un aérateur permanent dans mon oreille droite m’interdit de plonger, car un peu d’eau dans le conduit me conduirait à l’hôpital. J’ai donc assuré la sécurité depuis la surface, tenant précautionneusement le filin qui me reliait à Aliénor et que je devais tirer fermement en cas de trois coups secs indiquant un problème.

Aliénor après sa plongée avec Alban

Nous avons ensuite chargé puis tracté une pulka chacun dans la neige, et découvert les subtilités de sa maniabilité dans des zones accidentées où il est fondamental de ne pas se laisser emporter par son poids. Un exercice d’autant plus important que les pulkas que nous tirerons sur le lac feront une soixantaine de kilos chacune. En cheminant au milieu des bois, nous poursuivions notre apprentissage en écoutant Alban dispenser ses conseils et faire écho à ses expériences sur la glace du grand nord. Tout cela sous l’oeil des caméras de David Bordier et de Pascal Marcellin de TF1, venus spécialement de Paris pour un sujet sur l’école d’Alban avec nous pour le 20 heures. On a quand même passé la soirée tous les cinq autour d’une raclette et de bon vin chez Alban. On a refait le monde, partagé des souvenirs et des expériences. Et David et Pascal sont devenus deux nouveaux chouettes copains que nous avons prévu de revoir. Ils vont notamment nous former à la prise de vue, probablement avec des GoPro, dans les conditions particulières que nous allons rencontrer.

Le lendemain, Alban nous a proposé de simuler un passage à travers la glace normalement habillés. Aliénor s’est lancé la première dans un trou d’eau du lac recouvert d’une fine épaisseur de glace. Fine, mais pas facile à briser pour autant dans une eau à 2°. Il lui fallu trois minutes environ pour se frayer un passage jusqu’à l’autre bord, remonter mains nues sur la glace puis tracter sa pulka. Sous les conseils d’Alban, elle a ensuite attrapé le sac de survie en tête de pulka, sorti la tente utilisée en cas d’urgence et s’en est couverte. Un moyen efficace de couper le froid malgré les vêtements trempés et glacials qui collent à la peau. Puis malgré ses mains engourdies, elle est parvenu à allumer un minuscule feu avec le nécessaire présent dans le sac.
Aliénor casse la glace en video !

Puis ce fût à moi de me jeter à l’eau !
« Souffle ! » Me répète Alban, alors je souffle, et malgré l’eau froide qui m’enveloppe, je la sens à peine. Concentré sur l’objectif et ma respiration, les choses se font presque simplement, presque naturellement. C’est plus facile que pour Aliénor, je suis plus lourd, la glace se casse mieux et elle a fait le gros du boulot. Et une fois dehors, la tente sur le dos et sous les fesses me réchauffe vite. J’ai très froid aux pieds mais le reste du corps va bien. Le petit feu allumé rapidement me réchauffe agréablement les mains.

Nous avons ensuite monté pour la première fois notre tente. Pour nous mettre en situation, Alban nous avait équipé de lunettes polaires, ne laissant passer qu’un minuscule faisceau de lumière et réduisant considérablement le champ de vision. Il a sorti son ventilateur pour simuler un fort vent. Il n’aurait plus manqué qu’on ait des moufles ! Alors allez des moufles !! A la fin de l’exercice, notre tente avait une salle tronche. Un moyen de confirmer qu’il va nous falloir apprendre à la monter en un rien de temps, quasiment les yeux fermés. Un moyen aussi de conforter la nécessité de la mise en place d’un mode de communication bien pensé et rodé à l’avance, et de nous mettre d’accord et d’apprendre qui fait quoi, quand, et comment ! Lorsqu’il faut monter le camp dans une tempête par -30°, il faut mieux avoir bien anticipé… et ne pas laisser la tente s’envoler. Cela m’est arrivé une fois alors que j’étais seul dans le désert australien, et j’ai couru pieds nus un bon moment avant de la récupérer.

En fin de journée, c’est dans des conditions calmes que nous avons monté notre camp sur un des bords du lac. Enfoncer les broches à glace et tendre la toile nous a semblé plus simple. Alban nous a rejoint pour partager le dîner sous notre petit abri orangé. Alors que David et Pascal faisaient leurs dernières images, nous installions les matelas, déplions les sacs de couchage et arrangions l’espace. Nous nous sommes dit au revoir puis Alban a ouvert son réchaud a essence et fait chauffer l’eau dans sa théière d’expédition. Un réchaud à essence oui, car le gaz gèle et n’est pas compatible avec le grand froid. Alors l’essence c’est plus simple, mais c’est à manier avec précaution. La tente est ignifugée, mais si elle s’enflamme… Même dans ce cas, nous aurons un plan B. L’intérêt des « Et si… » bien anticipés. Comme dans ce cas, dormir sur nos pulkas…

Avec David Bordier et Pascal Marcellin de TF1, et Alban qui fait la photo

Et comme le vin n’avait pas encore gelé, on a ouvert une bouteille. On a bien parlé, bien ri, puis descendu chacun un sachet de nourriture lyophilisée. Un renard a sauté sur la tente, et nous n’en sommes toujours pas revenu. Alban est parti dormir sur son Range Rover alors qu’Aliénor et moi plongions dans nos duvets, recouverts de vêtements des pieds à la tête.

Et comment faire quant au milieu de la nuit, je suis pris d’une envie subite de me vider la vessie. Tous ceux qui se rendent dans les régions les plus froides et dorment sous la tente ne sont pas d’accord. Alban a sa bouteille qu’il garde ensuite avec précaution dans son sac de couchage. Dixie Dansercoer qui nous conseille également, et avec qui nous avons largement échangé sur le sujet (surprenant je sais), considère que manipuler une bouteille pleine d’urine la tête enfarinée est trop dangereux. Dans ce type de conditions, un mauvais mouvement et le duvet mouillé qui en résulte, peut transformer la nuit, et potentiellement les jours suivants en cauchemar.

Dans le grand froid, l’eau et la glace qu’elle devient est un des sujets qui nécessite la plus grande attention. Dans le grand froid, on fait le maximum pour éviter de transpirer, et pour ne pas entrer de neige à l’intérieur de la tente et surtout dans le duvet. Il faut trouver l’équilibre entre avoir le moins froid possible (parce que oui, quoi qu’on fasse, on a quand même tout le temps froid), et ne pas transpirer. Vous la voyez la limite ? Elle est vraiment subtile n’est-ce pas ? En particulier quand très habillé au coucher, il faut retirer des couches au bon moment de la nuit quand on est réchauffé, mais avant d’avoir trop chaud. Dans tous les cas, une partie de l’arrivée sous la tente comme du réveil, consiste à brosser la glace accumulée durant la nuit. Sinon c’est du poids supplémentaire à transporter, et un vrai danger si elle s’accumule durablement à l’intérieur du sac de couchage.

Alors pour cette fois j’avais moi aussi ma bouteille, peu enclin à quitter mon sac pour affronter le froid dehors. Sur le lac on verra !

Dans la nuit, Aliénor a retiré quelques couches et j’ai sorti mes bras du sac de couchage. La température est remonté et quand nous avons ouvert les yeux vers six heures, la neige avait partiellement recouvert la toile de notre habitat. J’ai fait le constant que mon sac était trop étroit et qu’il m’en faudrait un différent. Non que je sois trop gros pour lui, mais plutôt que je ne puisse bouger confortablement à l’intérieur étant plus habillé encore pour dormir.

Notre campement au réveil

Je suis sorti faire quelques photos, et Alban qui ne dormait pas loin nous a rejoint pour le petit déjeuner. On a fait le bilan de la nuit, revu quelques points, d’autres questions qui m’étaient apparu au réveil puis rangé le matos.

L’après-midi, Aliénor a rassemblé ses notes dans son cahier puis nous avons dîné léger. Le lendemain nous avons retrouvé le photographe Andy Parant pour une session de photos de notre préparation. Depuis le temps que j’entendais Alban parler d’Andy et que je regardais son travail avec admiration, nous étions Aliénor et moi très heureux de le rencontrer. La séance qui devait durer deux heures environ a finalement duré quatre heures, et s’est terminé par un verre et une pizza partagée sans se presser.

Et un copain de plus dans notre pulka ! Nous envisageons même qu’il nous rejoigne au départ et/ou à l’arrivée de notre traversée sur le lac pour quelques milliers de photos supplémentaires, et même si possible avant, lors de la Grande Traversée du Jura que nous ferons à ski et en auto-suffisance pour nous préparer.

Avec Andy Parant lors de la séance photo

C’est avec Alban que nous avons passé notre dernière soirée. Raclette – bières, deuxième et dernier épisode. Nous avons fait le tour parmi son matériel, de ce que nous pourrions nous procurer. Les meilleurs produits, parfois venant de loin, les avantages et les inconvénients éventuels, le poids, le volume. On a essayé ses gants, ses blousons, regardé ses skis de randonnée, noté les noms, les références, puis on a refait le monde une nouvelle fois.

Pour Aliénor comme pour moi, ces moments avec Alban, comme ceux partagés avec David, Pascal et Andy sont tout aussi importants qu’imaginer les derniers mètres sur le lac.

Photos ci-dessous © Andy Parant

Préparer une expédition, c’est apprendre, apprendre, et apprendre encore ; essayer, essayer, et essayer encore. C’est oser, nous confronter à nos peurs et aux doutes qui peuvent nous assaillir. C’est surtout donner corps et vie à nos envies communes et les partager. Nous dépasser ensemble dans un environnement tout aussi exigeant que beau. C’est aussi nous nourrir des rencontres que la préparation pose comme avec bienveillance sur notre chemin.

Pour tout cela aucun doute, nous sommes dans notre élément et tellement heureux de pouvoir le partager ensemble.

Renaud

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Sur ce site, nous évoquerons notamment :

L’entrainement course à pied, la vma, le vtt, la natation, le dépassement de soi, la récupération, les étirements, la préparation mentale, le renforcement musculaire, le yoga, la nourriture lyophilisée,, le choix d’une tente grand froid, la préparation des pieds,

la gestion des émotions, le calcul des étapes du GR20, la recherche des sponsors, l’entrainement physique, l’évacuation de la sueur par -30°, la méthode pour faire fondre de la glace sans enflammer la tente…

l’estime de soi, le chargement des pulkas, le choix des vêtements pour une rando, une expé en ski de fond, les soins d’urgence et même se laver les cheveux par -20° ou conserver le plaisir d’être en couple quand on ne peut pas se doucher durant une semaine, voire un mois…